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L’assurance dommages-ouvrage permet d’être indemnisé rapidement en cas de désordre grave, sans attendre l’issue d’un procès. Obligatoire, elle reste pourtant trop souvent négligée par les particuliers qui font construire.

Quand on fait construire ou rénover lourdement, on pense au prix, aux plans, aux délais, rarement à l’assurance dommages-ouvrage. C’est pourtant elle qui vous permettra d’être indemnisé rapidement en cas de gros désordre, sans attendre l’issue d’un long procès. En un mot : c’est votre filet de sécurité pendant dix ans.
Cet article vous explique ce qu’est réellement cette assurance, pourquoi la loi l’impose, ce qu’elle couvre, comment elle vous indemnise et quels risques concrets vous prenez en vous en passant.
L’assurance dommages-ouvrage est une assurance que doit souscrire le maître d’ouvrage, c’est-à-dire la personne qui fait construire, avant l’ouverture du chantier. Elle finance la réparation des dommages qui relèvent de la garantie décennale, sans qu’il soit nécessaire de déterminer d’abord qui est responsable. C’est là toute sa force : elle préfinance les travaux de réparation, puis se retourne ensuite contre les constructeurs et leurs assureurs.
Il ne faut pas la confondre avec la garantie décennale, qui, elle, est souscrite par les professionnels du bâtiment (constructeur, artisans). La décennale couvre leur responsabilité ; la dommages-ouvrage vous couvre vous, directement, et surtout beaucoup plus vite.
Cette assurance découle de la loi du 4 janvier 1978, dite loi Spinetta, codifiée notamment à l’article L242-1 du code des assurances. Le principe est simple : toute personne qui fait réaliser des travaux de construction doit être couverte par une assurance dommages-ouvrage. L’obligation vise à protéger le propriétaire, mais aussi les futurs acquéreurs du bien.
Dans le cadre d’un contrat de construction de maison individuelle, c’est un point à vérifier avec attention : qui souscrit, à quel moment, et à quelles conditions. Un expert indépendant peut vous y aider dans le cadre d’une assistance CCMI.

La dommages-ouvrage couvre les désordres de nature décennale, c’est-à-dire ceux qui compromettent la solidité de l’ouvrage ou qui le rendent impropre à sa destination. On pense par exemple à :
En revanche, elle ne couvre ni l’usure normale, ni les petits défauts esthétiques, ni les dommages relevant de l’entretien courant. Si vous constatez des fissures inquiétantes, notre expertise fissures permet d’en évaluer la gravité et la nature.
L’atout majeur de la dommages-ouvrage tient à sa rapidité. Une fois le sinistre déclaré, l’assureur dispose d’un délai encadré pour se prononcer sur la prise en charge, de l’ordre de soixante jours, puis pour présenter une offre d’indemnité, de l’ordre de quatre-vingt-dix jours. L’objectif est que vous puissiez lancer les réparations sans attendre des années de procédure entre les différents responsables.
C’est une différence décisive avec la seule garantie décennale : sans dommages-ouvrage, vous devriez souvent engager une action en justice et patienter longtemps avant de voir la moindre réparation financée.
Concrètement, en cas de désordre relevant de la décennale, vous déclarez le sinistre, l’assureur missionne un expert, puis vous indemnise afin que les travaux de reprise soient engagés rapidement. Sans avoir à démêler vous-même les responsabilités entre le constructeur, les sous-traitants et leurs assureurs, vous retrouvez un logement en état d’être habité dans des délais raisonnables. C’est précisément ce gain de temps qui fait toute la valeur de cette assurance.
La souscription doit intervenir avant l’ouverture du chantier. La garantie, elle, prend le relais après la première année de garantie de parfait achèvement et court jusqu’à la fin de la période décennale, soit une couverture d’environ neuf ans à ce titre. Au total, votre construction est ainsi protégée sur toute la durée de la responsabilité décennale.
Point important : cette assurance est attachée à l’ouvrage, pas à la personne. En cas de revente dans les dix ans, elle bénéficie automatiquement au nouvel acquéreur, ce qui rassure lors d’une transaction.

Se passer de dommages-ouvrage peut sembler une économie, c’est en réalité un pari risqué. En cas de désordre grave, vous devrez avancer les frais et engager seul les démarches pour être remboursé, avec toute l’incertitude et la lenteur que cela suppose. Autre conséquence souvent oubliée : à la revente dans les dix ans, l’absence de cette assurance peut faire fuir les acquéreurs et compliquer, voire bloquer, la transaction. Vous restez par ailleurs exposé vis-à-vis des acquéreurs successifs pendant toute la période décennale.
Lors d’une vente, le notaire vérifie d’ailleurs l’existence de cette assurance et informe l’acquéreur si elle fait défaut. Un bien construit récemment mais dépourvu de dommages-ouvrage se négocie donc moins facilement, et souvent moins cher. Souscrire cette garantie, c’est aussi protéger la valeur patrimoniale de votre maison sur le long terme.
La loi impose cette assurance à toute personne qui fait construire. En pratique, un particulier qui construit pour lui-même s’expose surtout à des risques financiers et à des difficultés à la revente s’il ne la souscrit pas. C’est un point à ne pas négliger.
La décennale couvre la responsabilité des professionnels. La dommages-ouvrage vous couvre directement et préfinance les réparations sans attendre qu’un responsable soit désigné. Les deux sont complémentaires.
La garantie court jusqu’à la fin de la période de responsabilité décennale, soit dix ans après la réception, en prenant le relais après la première année de parfait achèvement.
Déclarez le sinistre à votre assureur par écrit, en décrivant précisément les désordres. Une expertise indépendante peut objectiver la gravité des dommages et appuyer votre dossier.
Décrivez votre situation : nous réalisons une expertise claire et indépendante, sans vente de travaux.