La première visite d’un bien se fait avec les yeux du futur habitant ; la contre-visite doit se faire avec ceux d’un inspecteur. En Gironde, où l’eau du sol fait partie du paysage, cette seconde passe a un ordre du jour précis : établir comment la maison vit avec l’eau, et combien cela coûtera si elle vit mal. Contrairement à la visite découverte, elle se prépare à la table, documents ouverts, avant de remettre les pieds sur place.

Avant de vous déplacer : l’enquête documentaire

Trois vérifications gratuites s’imposent depuis chez vous. La fiche Géorisques de la commune d’abord : elle liste les arrêtés de catastrophe naturelle (inondations, remontées de nappe) et les zonages de risques ; une commune à l’historique chargé oriente toute la suite de l’inspection. L’état des risques ensuite : ce document, fourni par le vendeur, indique si le bien est en zone réglementée par un plan de prévention des risques d’inondation ; lisez-le avant la contre-visite, pas chez le notaire. Les documents du bien enfin : demandez les factures de travaux touchant à l’eau (drainage, pompe, cuvelage, toiture), l’historique des sinistres déclarés, et pour une maison sur vide sanitaire, demandez explicitement si l’accès est praticable : un vendeur qui répond que la trappe est « introuvable » vous donne déjà une information.

Sur place : le tour extérieur, dans le sens de l’eau

Commencez par là où l’eau arrive : les pentes du terrain (vers la maison ou vers l’extérieur ?), les surfaces imperméabilisées qui ruissellent vers les façades, les gouttières et descentes (raccordées à quoi ? un réseau, un puisard, ou le pied du mur ?), les regards (ouvrez-les : eau stagnante, boues, fond fissuré ?). Observez les soubassements sur les quatre faces : traces de rejaillissement, enduits cloqués en partie basse, ligne d’humidité ou de mousse. Un indice girondin qui ne trompe pas : les témoins de niveau d’eau anciens (traces horizontales sur un mur de clôture, un portail, un garage) racontent les épisodes passés mieux que le discours de vente.

Le moment de vérité : vide sanitaire et soubassement

Exigez l’accès au vide sanitaire, lampe en main, et regardez quatre choses : le sol (sec, humide, ou marqué par des stagnations ?), la ventilation (les soupiraux existent-ils, sont-ils ouverts, l’air circule-t-il ?), la sous-face du plancher (bois sain, ou taches, moisissures, isolant affaissé et gorgé ?) et les réseaux (une évacuation qui goutte dans un vide depuis des années fait des dégâts considérables). Pour une maison de plain-pied sur terre-plein, sans dessous visitable, reportez l’attention sur les bas de murs intérieurs : plinthes, angles, fonds de placards, arrière des meubles, et sur les sols (carrelages qui sonnent creux, parquets qui tuilent près des murs). Dans les deux cas, l’odeur du volume le plus bas de la maison est un instrument de mesure à part entière.

Transformer les constats en décision

Classez ce que vous avez vu en trois paniers. Les signes de VIE NORMALE avec l’eau : vide sanitaire ventilé et sec, regards entretenus, pentes correctes ; on achète sereinement. Les signes de NÉGLIGENCE rattrapable : gouttières au pied du mur, soupiraux obstrués, regards pleins ; ce sont des travaux modestes, mais vérifiez qu’ils n’ont pas déjà laissé des traces durables. Les signes STRUCTURELS : stagnations dans le vide, plancher dégradé par-dessous, témoins de niveau d’eau, historique catnat chargé ; là, le chiffrage précède l’offre, et c’est le travail d’une expertise avant achat, qui mesure l’humidité réelle des ouvrages et met un coût en face de chaque constat. Le déroulé de nos missions est présenté sur notre page expertise humidité en Gironde, nos prix sont publiés sur la page nos tarifs, et notre panorama de l’humidité en Gironde vous aide à situer le bien dans son contexte. Pour une contre-visite accompagnée, passez par notre page contact ou appelez le 0 805 69 09 69.

Laurent Hojan, expert en construction et bâtiment depuis huit ans et fondateur de Check my House. Cet article s’appuie sur l’expérience de terrain du cabinet et sur des sources publiques officielles.