
Expertise fissures
Comprendre et faire expertiser des fissures.
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Le retrait-gonflement des argiles fait varier le volume du sol au fil des saisons. Ce phénomène très répandu est une cause majeure de fissures sur les maisons.

Le retrait-gonflement des argiles, souvent désigné par le sigle RGA, est la cause de fissures la plus répandue en France pour les maisons individuelles. Concrètement, un sol argileux gonfle quand il est gorgé d’eau et se rétracte quand il sèche : ces variations de volume déstabilisent les fondations et fissurent les murs. La bonne nouvelle, c’est que l’on peut réduire ce risque par des gestes de prévention simples et par une bonne connaissance de son terrain.
Cet article explique le mécanisme du RGA, l’ampleur réelle du phénomène en France, la façon dont il fissure une maison et, surtout, les mesures concrètes pour s’en protéger.
Les argiles ont une propriété particulière : elles se comportent comme une éponge. En période humide, elles absorbent l’eau et gonflent ; en période de sécheresse, l’eau s’évapore et le sol se rétracte, ce qui crée des tassements. Ce mouvement n’est pas uniforme sous une maison : une zone du sol, plus exposée au soleil ou aux racines d’un arbre, se rétracte davantage que le reste. Il en résulte un tassement différentiel, c’est-à-dire un affaissement inégal qui met la structure sous contrainte.
Les épisodes de sécheresse marqués, suivis de réhydratations, amplifient ce phénomène. C’est pourquoi les fissures liées au RGA apparaissent ou s’aggravent souvent après un été particulièrement sec.
Le RGA n’a rien d’anecdotique. Selon Géorisques, le portail officiel des risques naturels, environ 55 % du territoire métropolitain se situe en zone d’aléa moyen ou fort, et plus de 12 millions de maisons individuelles y sont exposées. La Gironde, avec ses secteurs argileux, fait partie des territoires concernés. Ces chiffres expliquent pourquoi la sécheresse figure parmi les toutes premières causes d’indemnisation au titre des catastrophes naturelles en France.
Le zonage réglementaire de l’exposition au retrait-gonflement des argiles est par ailleurs actualisé périodiquement par les pouvoirs publics, ce qui peut faire évoluer les obligations attachées à une parcelle. Il est donc préférable de vérifier l’information à jour au moment d’un projet plutôt que de se fier à une donnée ancienne.

Sous l’effet du tassement différentiel, la maçonnerie se déforme et se fend là où elle est la plus sollicitée. On observe typiquement :
Les maisons de plain-pied, souvent légères et peu chaînées, ainsi que celles reposant sur des fondations superficielles, se révèlent particulièrement sensibles à ce phénomène.
Un point mérite l’attention : les fissures de sécheresse évoluent fréquemment de façon saisonnière, s’ouvrant en période sèche et se refermant partiellement ensuite. Cette respiration du bâti au fil de l’année est l’une des signatures du RGA, et elle aide à le différencier d’autres causes de fissuration comme un simple retrait de matériaux.
On ne change pas la nature d’un sol, mais on peut limiter fortement ses effets. Plusieurs mesures sont reconnues :

Avant d’acheter, de construire ou d’agrandir, il est prudent de connaître l’aléa du terrain. Le portail Géorisques permet de consulter gratuitement le niveau d’exposition d’une parcelle au retrait-gonflement des argiles. Par ailleurs, la loi ELAN impose, lors de la vente d’un terrain constructible non bâti situé en zone d’aléa moyen ou fort, la réalisation d’une étude géotechnique préalable, et prévoit des règles de construction adaptées pour les projets neufs. Faire réaliser ou vérifier une étude de sol reste le meilleur moyen d’anticiper. Dans le cadre d’un projet d’acquisition, un bilan avant achat immobilier intègre ce type de vérification.
Si des fissures apparaissent déjà, un diagnostic indépendant permet de faire le lien avec le RGA et d’évaluer la gravité. Check my House, cabinet indépendant qui ne vend aucun travaux, réalise une expertise des fissures et, quand la cause se situe au niveau du sol, une expertise des fondations pour objectiver le mécanisme.
Le portail Géorisques indique le niveau d’exposition au retrait-gonflement des argiles pour une adresse donnée. Une étude de sol confirme ensuite la nature exacte du terrain et la profondeur de la couche argileuse.
Oui. Même une maison stable depuis des décennies peut fissurer après une sécheresse exceptionnelle, car ce sont l’intensité et la répétition des épisodes secs qui déclenchent le désordre.
Les végétaux gourmands en eau assèchent le sol et peuvent accentuer le retrait. Il est recommandé de respecter une distance de plantation et, si besoin, d’installer un écran anti-racines.
Elles peuvent l’être au titre du régime de catastrophe naturelle, à condition qu’un arrêté interministériel reconnaisse l’état de catastrophe naturelle pour la commune concernée.
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